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Étude sectorielle · Droits des femmes

Présidentielle 2027 × Droits des femmes — l'analyse complète

Comment les candidats et candidats potentiels à l'élection présidentielle de 2027 parlent-ils vraiment des droits des femmes sur les réseaux sociaux ? Analyse des publications, thématiques et écosystèmes d'influence des 34 candidats ou potentiels candidats, sur la période .

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Méthodologie en bref
Méthodologie complète →
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I. Synthèse — un sujet très mobilisateur, mais réduit à un seul angle

Les droits des femmes occupent une place singulière dans le débat public : très fortement mobilisateurs lors des temps forts du calendrier (8 mars, 25 novembre, procès médiatisés), mais rarement installés comme un axe structurant de campagne. Sur l'ensemble du corpus analysé, le sujet représente des publications des 34 candidats et potentiels candidats, ce qui le place en position des grandes thématiques suivies.

Surtout, la prise de parole est très concentrée : un seul angle — les violences sexistes et sexuelles — capte à lui seul la grande majorité des publications, tandis que les sujets structurels (indépendance économique, parité, éducation à l'égalité) restent marginaux. Le sujet est donc massivement traité par l'émotion et la réaction à l'actualité judiciaire, beaucoup moins par la proposition programmatique.

Les droits des femmes en 6 points

L'essentiel en un coup d'œil. Le détail chiffré, thème par thème et candidat par candidat, est développé dans les sections suivantes.

Les 6 axes en un coup d'œil

Les candidats qui s'expriment le plus sur les 6 thématiques sélectionnées.

Un sujet à un seul angle — sur les 34 candidats analysés, la quasi-totalité concentre sa parole sur les violences sexistes et sexuelles, qui captent 69 % des publications rattachées à un axe (43 % de l'ensemble des publications du sujet). Les cinq autres axes réunis — santé et droits corporels, indépendance économique, parité, sexisme numérique, éducation à l'égalité — pèsent 31 % des publications thématisées. Les droits des femmes sont donc traités comme un enjeu de protection et de réaction à l'actualité, très rarement comme un projet politique structuré.
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II. Étude droits des femmes

Une communication d'opportunité, pas un sujet de fond

Volume mensuel des publications — les prises de parole réagissent à l'actualité judiciaire et aux dates symboliques plutôt qu'à un agenda propre. Chaque point orange est daté au jour : survolez pour voir la journée la plus forte du mois.

Les prises de parole suivent le calendrier symbolique et judiciaire : 8 mars, 25 novembre, constitutionnalisation de l'IVG (mars 2024), procès des viols de Mazan (automne 2024), puis la séquence de début 2026. Entre ces temps forts, le volume retombe systématiquement — signe d'une communication d'événement plus que d'un agenda porté dans la durée.

Fait notable : le sujet ne s'installe jamais comme thème de fond permanent. Chaque pic est suivi d'un reflux rapide, y compris après des séquences à très forte charge médiatique.

La hiérarchie globale des sujets de campagne

Part moyenne des publications de tous les candidats consacrée à chaque grand thème.

Vu sous l'angle de la hiérarchie globale des sujets de campagne, la sécurité (8,5 %), l'économie (4,5 %) et la santé (2,6 %) dominent la parole des candidats. Les droits des femmes ferment la marche avec 1,4 %, derrière l'environnement — un poids notable, mais qui s'explique largement par leur adossement au registre sécuritaire et judiciaire, plutôt que par une thématisation autonome.

Les droits des femmes arrivent en 12ᵉ position chez les candidats

Poids des grandes thématiques de campagne (Observatoire transversal), pour situer le sujet. Les droits des femmes ne constituent pas une thématique suivie en propre par l'Observatoire : leur poids est mesuré sur le même corpus et positionné ici à titre indicatif.

Rapportés aux grandes thématiques de campagne suivies par notre Observatoire transversal, les droits des femmes se situent en 12ᵉ position avec 1,4 % des publications : devant les seuls logement, agriculture et numérique, et très loin derrière la sécurité, les institutions ou l'économie. Un sujet peu présent en volume — et, quand il l'est, porté par un seul angle.

Raphaël Glucksmann s'exprime le plus sur les droits des femmes (4,3 %)

Part des publications de chaque candidat consacrée aux droits des femmes (top 16).

Rapportés à l'ensemble des publications d'un candidat, les droits des femmes ne dépassent 3 % que chez quatre profils : Raphaël Glucksmann (4,3 %), Elisabeth Borne (3,8 %), Clémentine Autain (3,7 %) et Ségolène Royal (3,1 %). Pour tous les autres, le sujet reste une composante marginale de la ligne éditoriale.

En volume brut, le classement change : Clémentine Autain (213 publications) et Marine Tondelier (199) devancent Raphaël Glucksmann (120) et Olivier Faure (106). Autrement dit, certains publient beaucoup sur le sujet sans qu'il structure leur communication, quand d'autres en font une signature politique.

Les droits des femmes sont d'abord évoqués sous le prisme sécuritaire

Co-occurrence des publications avec d'autres registres (sécurité, économie, éducation, environnement, immigration).

Dans 50 % des cas, le sujet est traité de manière autonome. Mais dès qu'il est croisé, c'est très majoritairement avec le registre sécuritaire et judiciaire (619 publications, soit 38 % du total) — logique de protection, de plainte et de sanction. Les croisements avec l'économie (108), la santé (30) ou l'éducation (26) restent marginaux : la question des droits des femmes est donc politiquement construite comme un enjeu d'ordre public bien plus que comme un enjeu social ou éducatif.

Un sujet réduit à un seul angle : les violences

Répartition des publications par axe thématique.

🟢 Les axes les plus évoqués (Top 3)

Violences sexistes et sexuelles (54,1 %)
Santé et droits corporels (5,6 %)
Leadership et parité (2,1 %)
L'écart entre le 1ᵉʳ et le 2ᵉ axe est de près de 10 pour 1.

🔴 Les axes les plus délaissés (Flop 3)

Éducation, consentement et culture égalitaire (0,9 %)
Sexisme numérique et masculinisme (1,6 %)
Indépendance économique (1,7 %)
Soit, cumulés, moins de 5 % des publications.

X capte à lui seul 51,1 % des publications (834 posts) et s'impose comme le réseau de la réaction à chaud et du commentaire politique. Instagram suit en volume (18,6 %, 304 publications) mais génère un engagement moyen 8 fois supérieur (13 238 interactions par publication contre 2 252 sur X).

Le contraste le plus fort vient d'Instagram : 304 publications seulement (18,6 %), mais 13 238 interactions en moyenne par publication — le plus fort rendement de tous les réseaux, devant TikTok (7 856). Les candidats parlent des droits des femmes là où le débat politique se tient (X), pas là où le sujet rencontre réellement son audience (TikTok, Instagram).

Les candidats publient sur X, l'audience réagit sur Instagram

Volume de publications par réseau (barres) et engagement total généré (ligne).

Volume et notoriété, ne sont pas toujours corrélés

Un décalage flagrant entre les candidats qui produisent le plus de contenus sur le sujet et ceux qui captent le plus d'engagement.

🔵 Les plus prolifiques (volume de publications)

🟠 Les plus performants (engagement moyen par publication)

➜ Les militants du sujet : Clémentine Autain (213 publications), Marine Tondelier (199), Olivier Faure (106) et François Ruffin (101) en font un marqueur permanent de leur communication, avec un engagement moyen modéré par publication.

➜ L'effet de notoriété pure : Jordan Bardella (19 481 interactions en moyenne), Gabriel Attal (13 513) ou Jean-Luc Mélenchon (6 669) publient nettement moins sur le sujet mais déclenchent à chaque prise de parole un écho sans commune mesure.

➜ Le meilleur équilibre : Raphaël Glucksmann est le seul à cumuler un volume élevé (120 publications, 4,3 % de sa production) et un très fort engagement moyen (26 154) — la combinaison la plus efficace de l'étude.

Des engagements en cohérence avec la ligne politique

Le profil de spécialisation des candidats : chacun investit les axes qui prolongent son positionnement.

Marine Tondelier — la porteuse la plus constante. Deuxième volume de l'étude (199 publications). Elle est surtout la première voix sur le sexisme numérique et le masculinisme (7 publications), un axe que presque personne d'autre n'investit.

Clémentine Autain — les droits corporels. Premier volume de l'étude avec 213 publications, et deuxième sur l'axe santé et droits corporels (31 publications), derrière Boris Vallaud (34) : IVG, contraception, endométriose. C'est aussi la parlementaire la plus active sur le sujet (643 amendements).

Gérald Darmanin — l'angle régalien. 86 publications, dont 84 sur les seules violences sexistes et sexuelles : le sujet est traité depuis la place Vendôme, sous l'angle de la justice, de la plainte et de la sanction.

Raphaël Glucksmann — le meilleur rendement. Le sujet représente 4,3 % de sa production (la part la plus élevée des 34 candidats) et génère un engagement moyen de 26 154 interactions : volume et écho combinés.

François Ruffin — le travail des femmes. Premier sur l'axe indépendance économique (10 publications), le mieux-disant sur les conditions de travail des femmes, et très actif sur les violences (47 publications).

Elisabeth Borne — l'éducation à l'égalité. Première sur l'axe éducation, consentement et culture égalitaire (9 publications), le plus délaissé des six : une signature cohérente avec son passage rue de Grenelle.

Activité parlementaire sur les droits des femmes (hors réseaux sociaux)

Questions et amendements liés aux droits des femmes déposés par les candidats ayant un mandat parlementaire actif.

CandidatMandatQuestionsAmendementsTotal

Sur le terrain parlementaire, Clémentine Autain domine très nettement avec 643 amendements et 23 questions rattachés aux droits des femmes (endométriose, gynécologie médicale, violences), loin devant Olivier Faure (30 amendements, 17 questions). Chez elle, parole publique et travail législatif se recoupent — ce qui reste l'exception : la plupart des candidats très actifs sur les réseaux n'ont aucune production parlementaire sur le sujet.

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III. Les 6 grandes thématiques

Hiérarchie des 6 grandes thématiques

Au-delà du volume global, comment chaque candidat se positionne-t-il sur les 6 axes des droits des femmes ? Sur les 34 candidats analysés, 3 seulement abordent l'ensemble des 6 axes — les autres se spécialisent sur un à cinq d'entre eux, et quatre n'en abordent aucun ou un seul.

Répartition des publications sur les droits des femmes entre les 6 grands axes.

Un volume très concentré, un engagement très dispersé

Le volume de publications ne garantit pas l'engagement : certains thèmes moins traités suscitent davantage de réactions.

Le volume de publications ne dit pas l'impact. Les violences sexistes et sexuelles écrasent le classement avec 703 publications et 3,4 millions d'interactions — mais c'est un effet de masse. Rapporté à la publication, l'axe sexisme numérique et masculinisme fait presque deux fois mieux (9 010 interactions par post contre 4 777) avec vingt-cinq fois moins de contenus.

À l'autre bout, l'éducation à l'égalité (24 publications, 1 435 interactions par post) et l'indépendance économique (73 publications, 2 134) cumulent le double handicap : peu traités et peu partagés.

Le sexisme numérique, le sujet au plus fort rendement

Engagement moyen généré par publication, par thématique.

Rapporté au nombre de publications, le classement s'inverse presque complètement. Le sexisme numérique et le masculinisme arrivent en tête avec 9 010 interactions en moyenne par publication, devant les violences (4 777) et le leadership et la parité (2 776).

Autrement dit : les sujets les moins investis par les candidats sont parfois ceux qui rencontrent le plus fort écho. Le sexisme en ligne, porté par une poignée de publications seulement, mobilise davantage par contenu que l'axe dominant de l'étude.

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La forme : ce qui fait la différence sur les réseaux

Au-delà du fond, l'analyse des publications les plus performantes sur les droits des femmes dégage des ressorts nets.

✅ Ce qui fonctionne

Nommer un scandale précis, avec une cible.
La publication de Raphaël Glucksmann sur l'exclusion du viol de la définition retenue par la loi européenne dépasse 404 000 interactions : un fait daté, un responsable désigné, une indignation nette. Voir la publication →

S'adresser directement aux femmes, face caméra.
L'adresse frontale de Jordan Bardella (« Je veux m'adresser à toutes les femmes de France ») atteint 528 000 interactions sur TikTok : format court, regard caméra, pas de montage. Voir la publication →

Réagir vite sur une affaire qui occupe déjà le débat.
La prise de parole de Marine Tondelier dans la séquence des propos de Brigitte Macron sur les féministes approche 59 000 interactions : le sujet est porté par l'actualité, la publication ne fait que s'y adosser. Voir la publication →

Privilégier la vidéo verticale.
Sur les publications les plus performantes de l'étude, Instagram et TikTok dominent très largement : 13 238 et 7 856 interactions en moyenne par publication, contre 1 677 sur X.

Le revers — ces mêmes ressorts expliquent la concentration observée : l'émotion et l'actualité judiciaire portent les violences, quand les sujets structurels (parité, égalité salariale, éducation) n'offrent ni victime identifiable ni séquence médiatique, et restent donc peu publiés et peu partagés.
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IV. Écosystème — qui porte le sujet

Au-delà des publications, deux autres canaux révèlent l'écosystème des candidats sur les droits des femmes : les organisations qu'ils citent dans leurs prises de parole, et les comptes du champ qu'ils suivent sur X, Instagram, LinkedIn, Bluesky et TikTok — cette seconde analyse ne nécessite aucune publication. Le croisement entre part du discours, volume et engagement fait ensuite apparaître trois profils de porte-voix très différents.

Qui cite qui ? Mentions par candidat

Nombre de publications de chaque candidat (colonne) citant une organisation du champ des droits des femmes (ligne). Intensité = volume ; les candidats sont classés de la gauche vers la droite politique.

Une mention n'est pas un soutien : certaines organisations sont surtout citées pour être contestées.

Comptes influents suivis par les candidats

Cartographie de l'écosystème d'influence droits des femmes

Qui suit qui : liens d'abonnement entre les candidats (à gauche) et les comptes du champ des droits des femmes les plus suivis (à droite). Couleur des candidats selon leur famille politique.

Les porte-voix du sujet

Part des publications consacrée aux droits des femmes, volume et engagement moyen par publication.

CandidatPart du discoursPublicationsEngagement moyenAxe dominant

Trois logiques cohabitent : les militantes du sujet (Marine Tondelier, Clémentine Autain), qui en font un marqueur permanent ; les institutionnels (Gérald Darmanin, Elisabeth Borne), qui l'abordent depuis l'action publique ; et les amplificateurs (Jordan Bardella, Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon), dont les rares prises de parole atteignent des audiences considérables.

Le poids des blocs politiques

Répartition des publications sur les droits des femmes par famille politique.

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V. Méthodologie

📌 Explication du pic